POURQUOI UNE CONSULTATION ÉLECTORALE SUR LA LRU À GRENOBLE 3 POUR TOUS LES PERSONNELS DE L’UNIVERSITÉ ET LES ÉTUDIANTS ?
LA LRU : VOTEZ POUR DONNER VOTRE AVIS !
— Vote par procuration avec photocopie de la carte professionnelle —
Vote 8-9-10 avril 2008, Hall Nord Stendhal – ICM Échirolles – Campus de Valence
RÉUNION D’INFORMATION LE MARDI 8 AVRIL : 12H30-14H30 AMPHI 4
Pourquoi une consultation électorale sur la loi LRU… huit mois après sa promulgation ?
Pour donner notre avis sur les changements programmés par la loi LRU et confirmés par l’ensemble des mesures ministérielles prises depuis la rentrée 2007 : car les conséquences de la loi LRU sont toujours plus d’actualité (Plan licence, mise en place de l’AERES, Commission Pochard sur le secondaire, Commission Schwartz sur le métier d’enseignant-chercheur — dont les résultats sont imminents —, Commission d’Aubert sur les organismes de recherche…).
Voici un petit rappel (non exhaustif) des conséquences directes de cette politique à la fois extraordinairement cohérente et aux conséquences dramatiques sur la qualité scientifique des enseignements dans les maquettes, sur la pérennité de la recherche dans le métier d’enseignant-chercheur, sur une gestion démocratique des institutions, et enfin, sur l’autonomie financière de l’université.
- Recherche
- le recul de l’autonomie scientifique : «les organismes devenus agences de moyen davantage qu’opérateurs mettront en œuvre la politique scientifique qu’au nom des Français le Gouvernement et le Parlement leur aura confiée», N. Sarkozy à Paris-Sud XI, 28.01.08. «Je suis d’ailleurs favorable à ce que tout soit fait pour aider et encourager chaque chercheur et chaque laboratoire à pouvoir chercher les mécénats et les donations qui soutiendront un projet qu’il aura lui-même librement défini», discours de N. Sarkozy à Paris-Sud
- la systématisation des projets à court terme au détriment de la recherche fondamentale : «je souhaite qu’à cette nouvelle génération soit inculqué non plus le réflexe du financement récurrent mais la culture du financement sur projets, la culture de l’excellence, la culture de l’évaluation», discours de N. Sarkozy à Paris-Sud
- l’évaluation quantitative de la recherche : un enseignant-chercheur est considéré comme «publiant» s’il produit au moins deux contributions de «rang A» en quatre ans (AERES, Critères d’identification des chercheurs et enseignants-chercheurs «publiants»)
- la fin programmée de la double tutelle pour les UMR des SHS et leur subordination aux établissements universitaires : répondant à la feuille de route imposée par Valérie Pécresse, Catherine Bréchignac (présidente du CNRS) a confié jeudi 27 mars à l’intersyndicale qu’elle «ne se battrait pas (contre le ministère) pour conserver les SHS au sein du CNRS».
- Enseignement
- les menaces sur le statut et les procédures de recrutement des enseignants-chercheurs : «…le conseil d’administration définit [...] les principes généraux de répartition des obligations de service des personnels entre les activités d’enseignement, de recherche et les autres missions», art. 19 (L. 954-1). Il peut aussi « [...] moduler leurs rémunérations», Lettre de mission de N. Sarkozy à V. Pécresse, 05.07.2007. Les «comités de sélection», qui remplacent les commissions de spécialistes, sans référence aux sections du CNU, sont désignés par le CA, qui a valeur de jury ; le président de l’Université a droit de veto final sur les nominations
- le recrutement accru de tous les personnels contractuels, pour une durée déterminée ou indéterminée, en raison de la globalisation du budget de la «fongibilité asymétrique» de la masse salariale
- Administration et finances : vers un management «entrepreneurial»
- le pouvoir accru des présidents d’université : élu par les membres du CA à la majorité absolue ; un mandat de 4 ans renouvelable une fois ; responsabilité de l’attribution des primes aux personnels ; possibilité de recruter des agents contractuels.
- poids accru du CA : réduction du nombre de ses membres, en particulier IATOSS ; fin du panachage et introduction de la proportionnalité au plus fort reste ; le CS et le CEVU ne sont plus que des organes consultatifs
- une gestion «autonome» du budget : budget globalisé, recherche de fonds privés, dévolution programmée du patrimoine universitaire
- un financement public basé sur les évaluations : «…vous allouerez les moyens attribués aux établissements d’enseignement supérieur en fonction de leurs résultats en matière d’accès de leurs étudiants au diplôme et d’insertion de leurs diplômés sur le marché du travail», Lettre de mission de N. Sarkozy à V. Pécresse, 05.07.2007
- Plan réussite licence
- la «licence rénovée» est caractérisée par une réduction et une fusion des enseignements de spécialité. Conséquence directe à Stendhal : «…dans le respect des modalités du cahier des charges que le Ministère nous a adressé», le CEVU propose «un semestre 1 indifférencié, avec d’une part les Langues (sans distinction LEA /LCE) et d’autre part les Lettres et Sciences du Langage» et de «combiner le présentiel, la distance, l’apprentissage en autonomie» (Lettre de cadrage du CEVU, Grenoble 3, 3 mars 2008)
- la mise en œuvre de ce plan sera assurée par le recours aux heures supplémentaires, par des tuteurs (étudiants de master 1 ou 2) ou des «intervenants extérieurs» «pour des compétences que l’université n’aurait pas» (Cahier des charges, V. Pécresse)
- La fin programmée du CAPES
«La formation des enseignants devra durer cinq ans et sera reconnue par un diplôme de niveau master», Lettre de mission de N. Sarkozy à X. Darcos, 05.07.2007, perspective reprise par le rapport Pochard
Signataires : Collectif d’enseignants-chercheurs (Dpt Italien) – Sauvons l’Université – Intersyndicale – Collectif étudiant