La façon dont s’est déroulée la tentative de réouverture de l’université Pierre Mendès-France, jeudi 29 novembre, a fortement choqué personnels et étudiants par la disproportion entre la menace réelle qui pesait sur le bon déroulement de cette reprise des enseignements et les moyens mis en œuvre par les forces de l’ordre appelées par le président de l’université. Cependant, la violence des heurts avec les étudiants qui tentaient de bloquer l’établissement ne peut être déconnectée :
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de l’attitude des étudiants en grève, dont le refus de procédures de votes démocratiques et de modes d’actions autres que le blocage des bâtiments universitaires par une minorité a fortement envenimé les débats sur le campus depuis quelques jours ;
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de l’incapacité des équipes dirigeantes à établir un véritable dialogue avec les grévistes, plutôt que de décider arbitrairement de la fermeture des locaux puis de tenter de les rouvrir du jour au lendemain, comme si de rien n’était.
Au même moment, à l’université Joseph Fourier, la reprise des cours avait lieu dans le calme, malgré un piquet de grève continuant de bloquer l’une des multiples entrées du bâtiment du DLST. Certes, la situation est très différente entre ces deux établissements (en particulier en ce qui concerne la configuration des locaux), et l’UJF n’a pas eu à subir de préjudices traumatisants sur le long terme tels que ceux qu’a connus la galerie des amphis de l’UPMF lors du conflit contre le CPE, début 2006. Surtout, grâce au sang-froid des équipes dirigeantes de l’université et du DLST – qui ont su dialoguer avec les étudiants tout au long des dernières semaines – et à l’implication des personnels concernés, il a été démontré qu’il était possible de tenter de rétablir un fonctionnement à peu près correct de l’université, sans violence. Malheureusement, vendredi 30 novembre, grâce aux renforts venus des universités fermées (Stendhal et UPMF), les bloqueurs ont à nouveau réussi à empêcher les cours au DLST, essentiellement parce que les enseignants – nombreux sur place – et leur président ont décidé de renoncer à une ouverture de force devant la crainte de débordements, d’affrontements entre étudiants ou entre étudiants et enseignants, et de dégâts possibles aux bâtiments.
Au vu de cette situation, le SGEN-CFDT et l’UNSA (SNPTES, Sup’Recherche) appellent :
- les présidents des universités Pierre Mendès-France, Stendhal et Joseph Fourier à se coordonner pour établir un dialogue avec les étudiants (grévistes et non grévistes) de façon à préparer la reprise des cours au plus vite et dans le calme ;
- les étudiants mobilisés contre la loi LRU à réfléchir à d’autres moyens d’action que le blocage, et permettant un respect du débat démocratique et de l’expression des opinions diverses.
Le SGEN-CFDT et l’UNSA (SNPTES, Sup’Recherche) demandent que tout soit fait pour éviter une nouvelle intervention des forces de l’ordre sur le campus, par exemple en faisant appel à la médiation des organisations syndicales.
Les deux organisations rappellent enfin leurs critiques fortes contre la loi LRU, qu’elles ont combattu avant son adoption par le parlement. Elles demandent que cette loi soit fortement amendée afin d’éliminer les nombreux dangers qu’elle fait peser sur le service public d’enseignement supérieur et de recherche.
Grenoble, le 30 novembre 2007
Contacts : sgencfdt@grenoble.cnrs.fr / snptes-unsa@ujf-grenoble.fr / sup-r@ujf-grenoble.fr